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dimanche 27 avril 2014

[Marvel] Daredevil : Echo

Daredevil : Echo
Edité chez Panini, collection Graphic Novels
Scénario, dessins et couleurs de David Mack


Cet album qui regroupe les épisodes #51 à #55 de Daredevil volume 2, situés en plein milieu du run de Bendis sont assez spéciaux puisqu'il s'agit en fait d'une mini-série consacrée à Echo où Daredevil ne fait que de la figuration. Bendis et Maleev avaient certainement besoin de souffler et les épisodes ont été intégrés en fill-in, mais voilà, ils n'ont strictement rien à voir.

David Mack revient en fait sur le personnage qu'il avait créé quelques temps plus tôt dans les pages de Daredevil avec Quesada, pour l'approfondir et la faire avancer. On sent vraiment son amour pour son personnage dans ce récit et toute la tendresse qu'il a pour elle. Elle est vraiment tout de suite attachante.

En outre, cette fois, c'est aussi lui qui s'occupe de la mise en image. Dans son style très particulier fait de collage, de peintures, de cases complètement déstructurées et de jeux typographiques, il essaye vraiment de jouer sur les perceptions de Maya qui sont forcément différentes du reste des personnages de l'univers Marvel puisqu'elle est sourde. C'est ce qui fait son originalité, en plus de ses racines indiennes. Ajoutez à ça qu'elle n'a pas vraiment de supers pouvoirs, si ce n'est celui de pouvoir reproduire les mouvements qu'elle observe avec une quasi exactitude, et vous avez une héroïne pleine de potentiel.

Pourtant David Mack s'en fout de ça, il s'en fout des super héros. Il veut juste raconter la destinée de son personnage, comment elle a grandi et qu'est-ce qu'elle est devenue suite à son passage dans les pages de Daredevil. Le style graphique complètement éclaté et conceptuel de Mack se prêtant en plus parfaitement à l'introspection du personnage. On la suit donc revenir à la réserve indienne de son enfance et chercher sa voie, et c'est au détour d'un dialogue avec un personnage très connu de l'univers Marvel qu'elle le trouvera.

En lisant ce récit conceptuel, on se dit que c'est assez incroyable qu'il est atterri chez Marvel dans les pages d'un mensuel de super-héros. Qu'on soit bien clair, le récit qu'on a là est bien plus expérimental que ce que vous pourrez trouvez dans bien des comics indé. C'est vraiment une expérience intéressante, qui change des lectures habituels et qui est très agréable à lire.

Après le récit ne raconte finalement que peu de choses et aurait mérité une intrigue plus poussée, et on aurait aimé aussi un peu plus de variété dans les motifs visuels utilisés par Mack (il a une tendance à réutilisé jusqu'à l'usure certaines cases, certains visuels, ce qui peut être assez agaçant par moment), mais ça reste une lecture très agréable et originale sur un personnage de second plan de l'univers Marvel, pourtant riche de potentiel.

Ma note : 7


vendredi 18 avril 2014

[Rétro] [Marvel] Daredevil : Guerre et Amour

Daredevil : Guerre et Amour
Paru originalement en 1986.
Scénario de Frank Miller
Dessins et couleurs de Bill Sienkiewicz
Disponible en VF dans la collection Graphic Novels et dans l'Omnibus Daredevil par Frank Miller.


En lisant Born Again, je me disais que Miller ne pourrait pas faire mieux sur Daredevil. Sûrement. Mais il pouvait faire aussi bien, comme le démontre brillamment le graphic novel Guerre et Amour qui est un véritable délice. En plus, j'ai découvert par le biais de ce récit le dessinateur Bill Sienkiewicz, dont j'avais déjà entendu parlé en bien dans divers articles, qui livre ici des planches phénoménales. Son style est résolument unique et donne une ambiance toute particulière à cette histoire.

Déjà il y a sa mise en couleur, faites lui même, qui évite les aplats criards de l'époque. A la place on une colorisation vraiment magnifique, très douce et pop à la fois. Ses cases peintes sont vraiment un délice, tantôt réalistes, tantôt complètement grotesques et psychédéliques, on est vraiment embarqué dans cet univers totalement dingue, rude, doux et poétique en même temps. Son Caïd est rond et ridicule, complètement impuissant et quasiment attendrissant, là où son Daredevil est un vrai surhomme. Cheryl et Vanessa sont de vrais princesses et ce dingue de Victor est complètement difforme avec ses yeux rapprochés et son visage qui rappelle un mandrill. Bref le boulot de Bill Sienkiewicz est vraiment magnifique, très radical par rapport à ce qu'on lit d'habitude, mais ça ne fait pas de mal, et c'est complètement au service de l'histoire de Miller.

On ne s'étonnera pas, mais le scénariste maîtrise encore une fois son sujet. Il a toujours cette aisance pour passer d'une narration interne d'un personnage à un autre, sans jamais perdre le lecteur et c'est toujours incroyablement moderne (on voit l'influence que sa façon de raconter a eu sur les scénaristes). Le récit se lit d'une traite et on prend un grand plaisir à suivre ses personnages fascinants, tous différents dans leur manière de penser. La star du bouquin est évidemment Victor, complètement shooté et taré dont les pensées partent dans tous les sens et dont le comportement est quasi imprévisible. Mais on a aussi de très belles scènes de Daredevil, toujours très héroïque.

La fin du récit est vraiment grandiose, même si elle est en même temps très dure, et achève de faire de ce récit un incontournable du Diable Rouge.

Et encore une fois, je recommande ce récit à tous, il est parfaitement accessible à tous genre de lecteurs, sauf les tout jeunes (les moins de 14 ans) vu que le propos est parfois un peu adulte (même si c'est fait avec une certaine élégance). Bref, Daredevil Guerre et Amour, c'est à lire absolument.

Ma note : 10