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lundi 26 mai 2014

[IDW] WinterWorld

WinterWorld
Paru en VF chez Delcourt en Juillet 2013
Scénario de Chuck Dixon
Dessins de Jorge Zaffino


Alors que Winterworld revient bientôt en série régulière (ou mini-série) ,en juin 2014 chez IDW, avec toujours Chuck Dixon aux dessins mais cette fois Butch Guice aux dessins (Jorge Zaffino étant malheureusement décédé). Je me suis dit que c'était une bonne occasion de lire le titre, même si je dois avouer que je l'avais emprunté à ma bibliothèque avant de savoir le retour de la série. Je l'ai plutôt pris puisque j'en avais entendu du bien à sa sortie, notamment dans un article du gratuit Zoo.

Cet album regroupe deux mini-séries de 3 numéros, Winterworld et Wintersea, se faisant suite et se déroulant dans le même univers, un univers post-apocalyptique, où l'Amérique du Nord a été recouverte par un épais manteau de neige et de glace. La civilisation actuelle a disparue, et il fait désormais très très froid et il faut lutter pour survivre. Tous ceux qui semblent vivre dans cette contrée sont visiblement des abrutis complets, complètement arriérés, sans culture, certains, aveugles et a pustules, n'arrivant même pas à s'exprimer correctement. Bref, c'est la barbarie totale. Et c'est dans cet univers qu'un marchand qui a visiblement lu quelques livres, beau gosse et vif d'esprit, comme tout héros américain qui se respecte, va un beau jour croiser une jeune femme vive d'esprit et intelligente elle aussi, ainsi que son blaireau, et c'est à partir de là que va commencer un périple riche en aventures et action.

Il y a des grosses ficelles dans ce récit, le héros est un peu un John McLane, un mec soit-disant normal mais qui gagne toujours et qui survit comme nul autre. C'est vraiment un héros de film d'action, et le nombre d'explosions et de phases de destructions contenues dans cette histoire ferait plaisir à plus d'un réalisateur hollywoodien (qu'est-ce qu'ils attendent pour adapter cette série, d'ailleurs ? Peut être est-ce déjà fait mais je ne suis pas au courant...), mais c'est tout de même bien fait et prenant.

Déjà, il y a le côté survivaliste, qui est toujours sympa. Survivre dans un monde particulièrement hostile, au jour le jour, avec les moments plus durs que ça implique. A ça s'ajoute la découverte d'un monde qui est assez bien pensée, avec pas mal d'originalité dans la 2e mini-série. Les personnages principaux sont aussi foutrement attachants, et à ça s'ajoute de grosses scènes d'actions bien bourrines, avec des tonnes de mecs qui attaquent en même temps un endroit, des bastons générales et des explosions.

C'est vraiment une bonne histoire d'exploration - action. Avec des moments plus calmes vraiment bien dialogués et sympathique à suivre, notamment grâce au dessin noir et blanc très brut de Jorge Zaffino. Ce n'est pas toujours très lisible dans les scènes d'actions, mais à part ça, c'est vraiment très bon. Y a pas mal de gros plans qui sont magnifiques, et l'encrage brut et léché à la fois convient très bien à l'univers très rude de la série. Y a un héritage de toute la BD d'aventures en noir et blanc américaine (les Conan, les chroniques de l'ère Xenozoïques...) dans le dessin qui est très sympathique.

Bref, un bon album pour de bons personnages et un très bel univers que j'ai hâte de revoir en juin prochain, en espérant que ce soit à la hauteur des deux premières mini-séries qui sont assurément une bonne lecture pour les amateurs d'aventures en milieu hostiles !


Ma note : 

mercredi 14 mai 2014

[Image] Luther Strode Tome 1 : Un Bien Etrange Talent

Luther Strode Tome 1 : Un Bien Etrange Talent
Paru en 2012 chez Delcourt
Paru en VO chez Image Comics à partir de 2011
Scénario de Justin Jordan
Dessins de Tradd Moore
Couleurs de Felipe Sobreiro


Je dois bien le dire, j'ai acheté cet album sans avoir aucune idée de son contenu. Les seules raisons pour lesquelles je l'ai acheté, c'était l'envie de retrouver Tradd Moore aux dessins après m'être pris une bonne claque visuelle avec son All-New Ghost Rider, et parce que j'en avais lu du bien sur un site quelconque.
Mais ce fut une bonne surprise. C'est complètement couillon, mais ça me convient parfaitement. Le concept est simple : c'est kick-ass avec des supers pouvoirs et... ÉNORMÉMENT d'ultra violence.

Un gringalet qui se fait chahuter en permanence va découvrir la Méthode Hercule (en référence aux vieilles pub à la con qui vantaient des méthodes miracles pour se muscler) et devenir hyper baraque en un rien de temps et sans efforts, avec des réflexes de fous, une aisance naturelle pour la baston et une résistance améliorée. Il va pouvoir aussi sortir avec une fille, qui est loin d'être une greluche écervelée, et fermer le clapet au gros bras qui le chahute au lycée.

Comme ça, ça paraît gentillet. Mais il y a quelque chose de louche derrière la méthode Hercule et cela va mener à quelque chose de très sanglant. Si le pitch de la série est plutôt classique, c'est là qu'elle révèle toute son originalité. Peu de séries sont aussi violentes que celle-ci. Il y a des démembrements à tout va, des décapitations, du sang qui gicle de partout en fontaine avec des organes qui se dispersent dans tous les sens. C'est du gros n'importe quoi, surtout que c'est servi par le trait ultra dynamique, ultra détaillé et assez cartoon de Tradd Moore.

Donc voilà, si vous n'aimez pas la violence vraiment purement gratuite, Luther Strode ne vous plaira pas. Ici c'est complètement couillon, avec des gros bourrins biens musclés qui se tabassent dans un déluge de violence sanglant. Moore montre un vrai talent pour illustrer toutes ces bastons, qui comptent sûrement parmi les plus passionnantes et mieux mis en image des comics, grâce à une influence manga notable. On a de belles bastons bien longues et acharnées, ça fait plaisir.

C'est franchement très fun à lire, les personnages sont attachants, les situations de vie quotidiennes sont très classiques mais réussies avec de bons dialogues et pas mal d'humour, et sont suivit de moments de tensions intenses et prenants qui fonctionnent à fond. Le trait de Tradd Moore est particulier, mais si on aime son style, on se régale. Il cherche encore son style dans les toutes premières pages, mais il se trouve rapidement, et ça devient vraiment magnifique. Il n'y a que lui qui pouvait rendre l'ultra violence aussi graphique et amusante à regarder. Et ses personnages sont tout de suite sympathiques.

Donc voilà, c'est sûrement pas une lecture pour tout le monde, mais pour ceux qui veulent un truc regressif, avec de la baston et du sang, qui aiment kick-ass, les nekketsu et Mortal Kombat... Luther Strode est fait pour vous.

Ma note : 


vendredi 2 mai 2014

[Vertigo] Flex Mentallo

Flex Mentallo
Paru en VO en 1996
Disponible en VF chez Urban Comics, collection Vertigo Deluxe, 14 €
Scénario de Grant Morrison
Dessins de Frank Quitely


Cette mini-série de 96 fait honneur à sa réputation et est une excellente lecture. Le premier bon point, c'est que pour une oeuvre de cette époque là, elle n'a absolument pas vieillie. Les couleurs de Peter Doherty sont étonnement modernes et maîtrisées pour l'époque, on pourrait croire à une recolorisation (mais peut être est-ce le cas ?). Franchement, en lisant ce comics, on le croirait plus récent qu' All-Star Superman ou que les X-Men du même duo...

Bref, à part ça, cette oeuvre a un charme emprunté aux œuvres cultes que sont Watchmen, pour le côté sombre et pop à la fois, la façon de mélanger héros et réalisme, le côté "fin du monde imminente" et le désespoir qui va avec, et Kingdom Come, pour cet hommage aux héros de l'âge d'or et d'argent, pour cette envie de les remettre en avant, et l'alliance d'un monde crépusculaire avec l'arrivée providentielle de héros venus nous sauver.

Ce n'est pas à la hauteur de ces deux chefs d’œuvres... Mais on en est franchement pas loin. Morrison construit une histoire complexe, peut-être trop, comme lui seul peut en faire, alliant des tonnes de concepts, des trucs barrés et kitsch à des trucs réalistes et sombres, passant d'une réalité à une autre, parlant des créations et des créateurs.... C'est vraiment très riche. 

On alterne entre la quête étrange de Flex Mentallo dans un monde qui ne lui ressemble pas, avec des hommages récurrents aux différents âges des comics de super héros, et le monologue téléphonique de son auteur fictif, Wally Sage, qui analyse son enfance, sa relation aux comics et les BD en elles-même. C'est assez passionnant, avec de très bonnes réflexions, des scènes assez classes, et une puissance héroïque bien retranscrite.

Frank Quitely est peut être à son meilleur (avec Nou3) dans cette première collaboration  avec Morrison. Il arrive à maîtriser son côté barré pour juste offrir quelque chose d'excellent, son encrage n'est pas trop tremblotant (pas comme dans New X-Men par exemple) et, comme je l'ai dit en intro, bien colorisé.

Au final, on a là un chef d'oeuvre de Quitely et Morrison, un de plus, à ranger aux côtés de Nou3 et All-Star Superman et à lire absolument pour les fans de comics de slips.

Et notons la couverture du n°3 de Flex Mentallo, très bel hommage au TDKR de Miller.

Ma note : 9



vendredi 25 avril 2014

[Comics] Scrublands

Scrublands
De Joe Daly (Afrique du Sud)
Edité en VF chez l'Association


Joe Daly est un doux dingue. On avait déjà un aperçu de son esprit loufoque dans l'excellent Dungeon Quest (à lire pour ceux qui aiment l'humour crétin et décalé) et on en voit encore plus dans ce recueil de récits courts et complètement tarés. 

L'occasion d'observer comment Joe Daly sait magnifiquement mélanger situation quotidienne et dialogues criants de vérités de jeunes anglophones avec des trucs complètements absurdes. Joe Daly aime le décalage et ces récits sont assez imprévisibles. Citons ce mur qui accouche d'un enfant, Kobosh qui ne fait que parler de son village à la plage, Aqua Boy qui découvre qu'il devient un adulte avec ses poils pubiens qui poussent et qui lui permettent en fait de respirer sous l'eau, et tant d'autres absurdités que je ne veux pas vous révéler ici.

L'album est vraiment très drôle. Les situations sont biens trouvés, rappelant parfois le quotidien ou se barrant dans quelque chose d'assez débile, les dialogues sont ciselés et sont vraiment merveilleux. Ce sont de vrais perles d'humour qui mettent en valeur les personnages qui les disent, tous plus charismatiques les uns que les autres (surtout Kobosh).

Le gros de l'album est toutefois une étrange histoire muette assez abstraite, "Prebaby", qui montre que Daly est toujours là où on ne l'attend pas. Mais bon, je n'y ai pas compris grand chose donc je ne m'attarderais pas dessus.

Donc voilà, un album très drôle et délirant qui plaira aux fans de Joe Daly et qui permettra peut être à d'autres de le découvrir. Le fait que ce ne soit qu'une compilation de récits courts quasiment indépendants les uns des autres (seuls des personnages reviennent d'un récit à un autre) ne plaira peut être pas à tout le monde, mais ceux que ce style d'album ne dérangent pas et qui aiment bien l'humour décalé devraient être ravis.

Ma note : 8


jeudi 17 avril 2014

[Comics] Essex County

Essex County
Paru en VF en Avril 2010
Edité chez Futuropolis
Auteur : Jeff Lemire

Jeff Lemire n'est pas que scénariste chez DC, il a aussi ses comics en creator-owned qu'il fait entièrement seul. Il faut dire que son trait maladroit ne collerait pas vraiment à des titres super héroïque (ou ça donnerait une atmosphère vraiment très particulière). Mais pour raconter les vies d'habitants du comté de l'essex (au Canada), ça convient parfaitement.

Au niveau scénario, c'est assez brillant. Le ton se veut sensible, touchant, juste et on sent toujours une tendresse de Jeff Lemire envers ses personnages qui sont souvent des figures solitaires qui ont du mal à se lier aux autres. L'attachement qu'on a progressivement à leur égard est aussi dû au dessin particulier qui reflète bien ces figures fragiles, brisées et perdues.

Le récit est très calme, sans véritables sursaut d'actions, c'est plutôt une sorte de contemplation mélancolique, des tranches-de-vie pas très bavardes. Toutefois il conserve son petit lot de rebondissements sympathiques.

Essex County est vraiment une très bonne lecture, très agréable. On se laisse emporter dans les histoires des différents habitants et dans l'univers particulier que développe Jeff Lemire.

Ma note : 9