mercredi 30 avril 2014

[Rétro] [Marvel] Fantastic Four : l'intégrale 1961-1962

Fantastic Four : l'intégrale 1961-1962
Edité chez Panini Comics
Scénario et dessins de Jack Kirby
Dialogues de Stan Lee


Quel plaisir de replonger dans les premiers épisodes des Fantastic Four ! Vous auriez bien tord de les considérer comme poussiéreux ou sans intérêts, ce sont des histoires véritablement fascinantes et qui savent se montrer incroyablement prenantes ! 

Les Fantastic Four sont nés en 1961 et sont issus du cerveau du génial Jack Kirby, créateur de génie qui a su profiter de la situation désastreuse de Marvel à l'époque pour créer l'univers foisonnant de la Maison des Idées durant les années 60. L'éditeur n'ayant plus rien à perdre à donner carte blanche à Kirby qui créé alors de tous nouveaux super-héros qui ont alors une particularité bien spéciale : ce sont des super-héros à problèmes. Héros malgré eux, qui se disputent, qui font faillite, qui ont des faiblesses. Et les bastons ne sont qu'une partie des histoires qui laisse place aussi à tout une partie plus soap à côté. Kirby, dans une folie créatrice qui le caractérise et bosseur comme nulle autres, inventera tellement de héros qu'il ne pourra tous les animés. Il confie, par exemple, Spider-Man à Ditko après avoir fait 5 pages tests. Bien lui en a pris quand on voit ce qu'en a fait son collègue dessinateur.

Bref, Kirby créé en masse, écrivant ses récits au fil de la case. Point de scénario préétabli chez lui, il a tout en tête et il dessine directement. C'est sûrement ça qui lui permet de produire autant, et c'est sûrement ça qui rend sa façon de raconter les histoires si unique, mais j'y reviendrais plus tard. Vous vous demandez peut-être pourquoi je n'ai pas évoqué Stan Lee depuis tout à l'heure ? Et bien parce qu'il n'était au final que dialoguiste sur les histoires de Kirby, et encore, celui-ci lui indiquait quoi mettre dans les bulles sur les planches qu'il livrait à l'éditeur ! Je ne sais pas quel rôle à eu Lee dans les récits qu'il a fait avec d'autres dessinateurs, mais une chose est sur, sur ceux de Kirby c'était surtout un responsable éditorial et un dialoguiste qu'un véritable scénariste.

Nous voilà donc en 61 et Kirby créé les 4 Fantastiques, une amélioration de son concept des Challengers de l'Inconnu qu'il avait créé pour DC quelques années auparavant (le costume que les 4F portent sur l'île au monstre dans leur première aventure et d'ailleurs de la même couleur que celui des challengers). 4 personnages, explorateurs du monde moderne, confrontés à des situations et des adversaires extraordinaires. Sauf que cette fois-ci, les personnages sont plus variés (un intellectuel, sa fiancée, le jeune frère de celle-ci et un costaud pote de l'intellectuel) et disposent de pouvoirs extraordinaires après avoir effectué un vol à bord spatial à bord d'une fusée expérimentale visiblement pas assez fignolée et qui laisse passer les rayons cosmiques. Les rayons transforment le métabolisme des héros qui se retrouvent donc dotés d'aptitudes hors du commun, liées à leur caractère.

Ben Grimm, colérique et d'allure athlétique, est devenu la Chose, un humanoïde rocheux laid, soupe au laid et doté d'une force surhumaine. Johnny Storm, jeune homme fonceur, devient la Torche, capable de s'enflammer et de voler. Susan Storm (ou Jane Storm dans certaines VF), jeune femme effacée et discrète devient l'Invisible (ou la Fille Invisible, selon les versions) et enfin Reed (ou Red) Richards, intellectuel leader du groupe devient Mr.Fantastic (pas mégalo déjà) et à le pouvoir d'être devenu élastique, de pouvoir allonger son corps et ses membres, ce qui colle plutôt bien, je trouve, à son caractère de chef qui veut tout contrôler. Donc voilà 4 personnages, 4 caractères, 4 éléments, 4 pouvoirs différents et comme il est dit dans Fantastic Four #1, "C'est ainsi que naquirent les Fantastiques ! A partir de ce jour là, le monde ne serait plus jamais le même !"

A partir du moment où les Fantastiques constatent qu'ils ont des pouvoirs, ils décident très rapidement qu'il faut mettre ses dons extraordinaires au service de l'humanité. Et à partir de là ils vont vivre une foule d'aventures merveilleuses dont les 9 premières sont regroupées dans cet excellent album. Les premiers récits de Kirby sont vraiment des héritiers des récits de monstres qui étaient populaires jusqu'au début des années 60. Les personnages n'ont alors pas de costumes, ne sont pas forcément très héroïque (le visage de Reed, hautain et froid, ou de la Chose, dégoulinant et monstrueux, deviendront plus nobles, valeureux, avec les épisodes et sont assez antipathiques dans le premier numéro) et ont une forte tendance à affronter des créatures géantes. On en croise en effet dans l'épisode 1, 3 et 4 et ce n'est qu'à partir de l'épisode 5 et l'apparition du Dr.Doom que les 4F trouvent vraiment leurs tons, avec des super-vilains charismatiques et des destinations improbables, même si l'influence se fait encore ressentir (l'épisode 7 avec Kurrgo, maître de la planète X, aurait en partie eu sa place dans une anthologie de science-fiction).

Ce qui frappe dans ses récits, c'est l'esprit complètement loufoque de Kirby et son inventivité incroyable. Aucun épisode ne ressemble à un autre. On a beau revoir certains vilains plusieurs fois ( Namor, le Dr.Doom), jamais les situations ne sont identiques, elles changent même du tout au tout à chaque fois. Exploration de l'île au monstre, combat face à un monstre marin géant, immeuble emporté dans l'espace, voyage à travers le temps pour trouver le trésor de Barbe Noire... Leurs aventures se réinventent à chaque fois, surtout que Jack Kirby rajoute en plus tout un côté dynamique de groupe à côté. Ils s'engueulent régulièrement, surtout la Chose qui doit subir sa tragique transformation en monstre et qui du coup n'est jamais content et ne se fait pas prier pour le dire. Il se bat avec la Torche, ce dernier se barre de l'équipe puis revient, Jane tombe amoureuse d'un de leur ennemis (Namor) et ils se retrouvent même en faillite dans l'épisode 9 (ne cherchez plus d'où vient l'idée de base du premier arc de la série Fantastic Four Marvel Knights, c'est de là ! ) …

C'est le fait que Kirby pousse les interactions entre les personnages à un niveau inhabituel pour l'époque qui fait que les récits marchent si bien et qui surtout provoque l'attachement aux héros. Ils sont fondamentalement humains et proches de nous. Surtout ce pauvre chose, qui sous sa carapace de pierre, peut être n'importe lequel d'entre nous. Et il est surtout animé par ce fil rouge impitoyable du "arrivera t-il à redevenir humain ?". On se doute bien que non, mais il y a toujours un moment dans l'épisode, où pour une raison expliquée ou non, il redeviendra humain avant de se retransformer inlassablement en monstre, ne pouvant échapper à sa malédiction. Et cela toujours accompagné des fameuses 3 cases de transformation monstrueuses de Kirby, rajoutant au drame.

Les récits subjuguent aussi par leur dimension incroyablement farfelue. Le côté improvisé des récits en est peut être la cause, mais il faut bien comprendre que les récits de Kirby fonctionnent selon leur propre logique que seul le dessin peut expliquer. Chez l'auteur, il n'y a ni espace ni temps. Si les personnages doivent se rendre quelque part, que ce soit à l'autre bout du monde ou non, ce sera fait en une case et il ça aura eu l'air de n'avoir pris que 5 minutes. Les décors ne sont jamais les même d'une case à l'autre et ne sont jamais très fouillés, créant un espace complètement malléable selon la volonté de l'auteur, et maintes choses complètement absurdes se déroulent dans les épisodes : la flamme de la torche peut vitrifier l'eau, faire fondre la roche ou créer des clones de flamme, la Chose peut soulever un mur dans une habitation pour se cacher derrière, Namor regarde la télévision américaine dans son palais sous-marin, des extra-terrestres dont le monde est sous le point d'être terrassé par un astéroïde ont le temps, avant que ça n'arrive, de faire un aller retour jusqu'à la Terre pour aller chercher les Fantastiques, le Puppet Master connaît exactement, sans qu'on sache pourquoi, la disposition exacte des meubles du bureau du directeur de la prison d'Etat... Bref, c'est du grand n'importe quoi, mais ça fait aussi partie du charme de ses récits tout en leur ajoutant un côté imprévisible, car les lois de la logique sont différentes ici, ce sont celles du récit imagée. N'oublions pas non plus les problèmes de pouvoirs complètement hasardeux qui tombent toujours au bon moment pour l'avancée de l'intrigue et l'ajout de drame.

Bref, cette première intégrale des 4 Fantastiques est vraiment une lecture très plaisante. Les aventures sont bariolées et passionnantes, bourrées de moments cultes, de bonnes idées, de personnages charismatiques et de drames intimes, comme la Chose qui ne peut redevenir un homme, où Namor dont la fureur est une conséquence de éradication de son royaume sous-marin causée par les essais nucléaires des hommes. Ajoutez à ça le dessin toujours plein d'énergie, toujours très dynamique et bourré de cases iconiques de Kirby, et vous obtenez quelque chose de véritablement culte, en plus d'être le fondement de l'univers Marvel actuel.

A lire et à relire absolument.

Ma note : 8

Source de mes infos sur Kirby : http://www.tcj.com/jack-kirby-interview/6/


mardi 29 avril 2014

[Manga] Ikigami Tome 1

Ikigami Tome 1
Edité en France chez Asuka/Kazé Manga
Scénario et dessins de Motoro Mase


Un manga dont j'entends du bien depuis des années (peut être même depuis sa sortie, c'est dire) et que je n'avais jamais pris le temps de commencer, certainement parce que soit je n'y pensais plus, soit j'avais d'autres priorités d'achats. Mais ma bibliothèque, comme à son habitude, a bien fait les choses et j'ai pu rentrer en contact avec le premier tome il y a peu. 

Et j'ai vite compris pourquoi cette série était si populaire. Le concept est assez simple : dans une société alternative au Japon d'aujourd'hui, le gouvernement à mis au point un vaccin "pour la prospérité de la nation". Tous les enfants reçoivent le vaccin à la naissance et un sur mille mourra ensuite entre ses 18 et ses 24 ans. Pour une raison qui m'échappe et qui n'est malheureusement pas trop développée dans ce tome, ce procédé à permis de réduire drastiquement la criminalité dans la société japonaise et permet de redonner le goût de la vie aux citoyens. Du coup, ce génocide aléatoire est parfaitement accepté au sein de la population et peu de voix semblent se lever contre ce système étrange. 24h avant la mort d'un jeune à cause du vaccin, un fonctionnaire vient remettre l'ikigami, le préavis de mort, pour lui annoncer sa dernière journée en vie.

Et c'est là que le manga est intéressant puisque on suit en fait, pour le moment en tout cas, les 24 dernières heures de ces citoyens. On voit leur situation avant l'ikigami et ce qu'ils vont faire après, comment ils vont essayer de donner un sens à leur existence 24 heures avant de mourir. Le ton est très sombre, tragique, on retrouve toutes les injustices de la vie de tous les jours et toutes les humiliations à la japonaise (que ce soit scolaire ou dans le milieu du travail). En alternance on croise le fonctionnaire qui donne ses ikigami, mais il est plutôt figurant de l'histoire pour le moment. Toutefois ses positions sur ce système étrange peuvent donner lieu à des choses intéressantes pour la suite de la série. 

Les deux arcs qu'on suit dans ce tome sont vraiment très bons. Ça profite d'un concept fort et porteur "que faire si il ne nous reste que 24h à vivre ?" et les situations proposées sont pour le moment variées et donnent des réponses vraiment intéressantes à cette question, et, je trouve, assez crédibles. On arrive du coup à s'attacher à ses personnages de passage, bien qu'ils soient tous un peu loosers.

Vraiment un bon premier tome, encourageant pour la suite et en plus les dessins sont de qualité.

Ma note : 8

[All-New Marvel Now] Avengers World #3

Avengers World #3
Paru en Février 2014
Scénario de Nick Spencer
Dessins de Stefano Caselli
Couleurs de Frank Martin


Pour son 3e numéro, la série complémentaire aux Avengers d'Hickman s'intéresse à Shang-Chi et à la mission pour Madripoor. On se dit pourquoi pas, surtout que Shang-Chi est un personnage qui attire la sympathie depuis le début de la série Avengers. Et puis on est intrigué de voir ce que va pouvoir faire Spencer d'un numéro 100% baston, ce qui n'est pas forcément l'exercice le plus évident dans les comics de super héros, où les auteurs ont souvent du mal à faire des affrontements qui soient intéressants.

En soit, Spencer ne s'en tire pas trop mal, mais le choix d'un épisode comme celui-ci est assez maladroit quand on suit la série en issues et pas en relié, et quand le titre joue sur plusieurs intrigues en parallèle. A voir ce que donneront les prochains épisodes, mais écrire un numéro qui se lit aussi vite et dont on aura pas la suite avant plusieurs mois est un choix assez étonnant, et quelque peu frustrant.

Après Spencer a tout le même le mérite d'offrir une série Avengers plus intéressante en ce moment que celle d'Hickman, même si l'intrigue de ce mois-ci est plutôt bas du front. Le combat est hyper fluide, lisible, Caselli se débrouille bien... C'est pas fou non plus, mais on se fait clairement moins chier que dans Avengers #26 par exemple, et on a clairement plus d'empathie pour les personnages.

Ma note : 7


[All-New Marvel Now] Black Widow #2

Black Widow #2
Paru en Janvier 2014
Scénario de Nathan Edmondson
Dessins et couleurs de Phil Noto


Un second numéro dans la lignée du premier et du récit court du Point One, on suit la veuve dans une de ses missions dans un récit complet. Je commence à m'habituer au truc et, en plus vu, que le seul membre de son supporting cast, son avocat, commence à être développé, ça semble prometteur pour la suite.

Donc voilà, nouvelle mission pour la veuve. Rien d'incroyable, mais c'est très bien mené et on lit cette histoire d'espionnage, assez classique, avec grand plaisir. En plus, les dessins de Phil Noto et ses couleurs sont juste sublimes, ce qui aide aussi à rendre cette lecture très agréable (je pense qu'avec un artiste bien plus moyen, le titre serait beaucoup plus oubliable).

Bon après, reste cette histoire que la veuve était encore assassin pro il y a "6 ans" qui est lâché dans le numéro. Ce qui est assez étonnant, puisque l'univers Marvel moderne se déroule depuis bien plus de 6 ans, et se serait un peu gros de faire croire que les vengeurs se sont formés il y a seulement 7-8 ans. Donc la veuve continuait à être une assassin quand elle était en même temps parmi les vengeurs ? J'espère que cette histoire sera explicitée de manière correcte ou qu'on l'oubliera à jamais.

Au final, un numéro très agréable pour ceux qui ont aimé le premier. 

Ma note : 8

lundi 28 avril 2014

[All-New Marvel Now] All-New Invaders #2

All-New Invaders #2 
Paru en Février 2014
Scénario de James Robinson
Dessins de Steve Pugh
Couleurs de Guru-eFX


A la lecture de ce second numéro, on se dit que la série aurait sacrément bénéficié de commencer par un numéro double. Le premier numéro était bien, mais pas complètement convaincant, et souffrait d'une trop grande décompression, rendant l'intrigue trop nébuleuse et empêchant de voir tout le cast de la série.

Ici les erreurs sont complètement réparées. On suit bel et bien une équipe et pas une individualité (mais bon, le premier numéro était important pour remettre la première torche humaine sur le devant de la scène) et l'intrigue est complètement expliquée et clarifiée. C'est vraiment un numéro bien mené car il est très dense, tout en proposant une lecture fluide et en étant finalement très agréable. Les personnages sont cools, surtout Bucky, que je ne connaissais pas mais qui s'impose rapidement dans l'équipe.

Côté dessins, Steve Pugh assure vraiment bien le job. Son trait est très classique mais convient parfaitement à l'intrigue et offre des scènes d'actions bien impressionnantes. Le problème c'est qu'il est colorisé par Guru-eFX qui est assez mauvais aux couleurs et qui fout son ciel bleu horrible et flashy autant que possible, détruisant au passage toute l'intensité émotionnelle de la séquence où Jim est face à la population de sa ville. Mais bon, le ciel est bleu, vous comprenez, c'est important. Heureusement les flash-backs sont l'occasion pour lui de se calmer un peu et d'offrir des couleurs biens plus correctes.

Au final, un second numéro qui donne bien envie de suivre la série. Les personnages sont cools et immédiatement attachants, y a pleins de références à la continuité Marvel (surtout à la période WWII, forcément) ce qui est toujours chouette (et elles ne me semblent pas, de plus, inaccessibles), l'intrigue est entraînante (sans être totalement folle non plus) et la dynamique du groupe marche bien. Bref, on ira voir la suite, en espérant qu'elle confirme cette première impression franchement positive. 

Ma note : 8


[All-New Marvel Now] Moon Knight #2

Moon Knight #2
Paru en Avril 2014
Scénario de Warren Ellis
Dessins de Declan Shalvey
Couleurs de Jordie Bellaire


Plutôt que d'offrir un numéro 2 classique, Warren Ellis et Declan Shalvey ont visiblement décidé de s'éclater en offrant un numéro qui relève plus de l'exercice de style qu'autre chose. Ce n'est pas dérangeant pour peu qu'on aime ce genre de délire narratif, qui de toute façon, passera à mon avis mieux en TPB, au milieu des autres numéros, mais c'est tout de même assez surprenant... Toutefois, il faut se rappeler que Warren Ellis partait aussi, parfois, dans des délires narratifs dans Nextwave, et il a dû faire de même dans d'autres de ses séries que je n'ai pas encore lu, donc ce n'est pas non plus comme si c'était une nouveauté, mais ça prend par surprise, surtout au numéro 2. On pourra donc s'attendre à tout pour cette série, mais après tout, Moon Knight n'est-il pas un personnage caractérisé par sa folie ?


Ellis semble toutefois avoir envie de faire autre chose de notre héros, de le soigner un peu de sa folie (c'est ce que semblait montrer le numéro #1 et il n'est ici pas hyper fou non plus), et d'en faire plutôt une sorte de Batman un peu moins musclé mais surtout extrêmement extravagant, comme le laisse voir son arrivée improbable en milieu de numéro, véritable parodie des arrivées Batmaniennes. Je ne suis pas ultra fan, personnellement, de l'idée de faire du pastiche de Batman chez la concurrence, mais peut être que l'auteur à d'autres surprises sous son chapeau et saura nous les révéler en temps voulu.

En tout cas il ne se passe pas grand chose dans ce numéro, puisque tout est extrêmement et minutieusement chorégraphié sur un grand nombre de page, de la très maligne scène d'assassinat du début à l'impressionnant combat muet qui occupe la seconde partie du numéro. On se régale visuellement, même si Shalvey a un style assez brut et manquant parfois de finesse (notamment son Moon Knight), tout est extrêmement lisible, bien mis en scène et forcément bien colorisé par les couleurs de Jordie Bellaire aux côtés lavis toujours sublimes.

Bref, un numéro déconcertant, assez difficile à juger, un véritable pied de nez au lecteur de la part d'une équipe créative qui a visiblement décidée de nous mener à la baguette. On va donc se laisser faire, en espérant que ça ne parte pas en sucette par la suite. Brillant numéro en tout cas, chapeau messieurs. 

Ma note : 8


[All-New Marvel Now] All-New X-Factor #2

All-New X-Factor #2
Paru en Janvier 2014
Scénario de Peter David
Dessins de Carmine Di Giandomenico
Couleurs de Lee Loughridge


Ce second numéro de la série n'a pas vraiment réussi à me transporter. J'avais essayé de le lire une première fois à l'époque de sa sortie et je m'étais arrêté au milieu car trop crevé, je l'ai relu début avril, en entier cette fois, et ce ne m'a pas franchement convaincu. Ce n'est pas mauvais, mais ça ne m'a pas passionné.

Il reste qu'il y a pas mal d'idées sympas, comme le passage avec les pièges au début ou la discussion finale entre les protagonistes sauveurs et sauvés. Je salue aussi la volonté de Peter David de faire un mini premier arc en deux numéro, une initiative plus que rare de nos jours et qui permet d'avoir une certaine densité dans le numéro. Cependant le vilain reste quand même tout pourri.

Niveau dessin, on a quelque chose d'efficace, assez inégal mais avec parfois de très belles cases. En somme, un second numéro un peu décevant, mais peut-être que la série s'améliorera ensuite...

Ma note : 6

dimanche 27 avril 2014

[Marvel] Daredevil : Echo

Daredevil : Echo
Edité chez Panini, collection Graphic Novels
Scénario, dessins et couleurs de David Mack


Cet album qui regroupe les épisodes #51 à #55 de Daredevil volume 2, situés en plein milieu du run de Bendis sont assez spéciaux puisqu'il s'agit en fait d'une mini-série consacrée à Echo où Daredevil ne fait que de la figuration. Bendis et Maleev avaient certainement besoin de souffler et les épisodes ont été intégrés en fill-in, mais voilà, ils n'ont strictement rien à voir.

David Mack revient en fait sur le personnage qu'il avait créé quelques temps plus tôt dans les pages de Daredevil avec Quesada, pour l'approfondir et la faire avancer. On sent vraiment son amour pour son personnage dans ce récit et toute la tendresse qu'il a pour elle. Elle est vraiment tout de suite attachante.

En outre, cette fois, c'est aussi lui qui s'occupe de la mise en image. Dans son style très particulier fait de collage, de peintures, de cases complètement déstructurées et de jeux typographiques, il essaye vraiment de jouer sur les perceptions de Maya qui sont forcément différentes du reste des personnages de l'univers Marvel puisqu'elle est sourde. C'est ce qui fait son originalité, en plus de ses racines indiennes. Ajoutez à ça qu'elle n'a pas vraiment de supers pouvoirs, si ce n'est celui de pouvoir reproduire les mouvements qu'elle observe avec une quasi exactitude, et vous avez une héroïne pleine de potentiel.

Pourtant David Mack s'en fout de ça, il s'en fout des super héros. Il veut juste raconter la destinée de son personnage, comment elle a grandi et qu'est-ce qu'elle est devenue suite à son passage dans les pages de Daredevil. Le style graphique complètement éclaté et conceptuel de Mack se prêtant en plus parfaitement à l'introspection du personnage. On la suit donc revenir à la réserve indienne de son enfance et chercher sa voie, et c'est au détour d'un dialogue avec un personnage très connu de l'univers Marvel qu'elle le trouvera.

En lisant ce récit conceptuel, on se dit que c'est assez incroyable qu'il est atterri chez Marvel dans les pages d'un mensuel de super-héros. Qu'on soit bien clair, le récit qu'on a là est bien plus expérimental que ce que vous pourrez trouvez dans bien des comics indé. C'est vraiment une expérience intéressante, qui change des lectures habituels et qui est très agréable à lire.

Après le récit ne raconte finalement que peu de choses et aurait mérité une intrigue plus poussée, et on aurait aimé aussi un peu plus de variété dans les motifs visuels utilisés par Mack (il a une tendance à réutilisé jusqu'à l'usure certaines cases, certains visuels, ce qui peut être assez agaçant par moment), mais ça reste une lecture très agréable et originale sur un personnage de second plan de l'univers Marvel, pourtant riche de potentiel.

Ma note : 7


[All-New Marvel Now] Elektra #1

Elektra #1
Paru en Avril 2014
Scénario de W. Haden Blackman
Dessins de Michael Del Mundo
Couleurs de Michael Del Mundo et Marco d'Alfonso


Je continue dans la thématique Elektra après ma lecture d'Elektra Assassin en me lançant dans la nouvelle série consacrée à l'héroïne. Cette fois-ci aussi, le style graphique est assez fort, puisque c'est Mike Del Mundo qui est aux dessins, et je crois que la preview sortie il y a quelques semaines a mis tout le monde d'accord : le titre sera beau. Et c'est confirmé ici. Les peintures digitales de Del Mundo sont hyper efficaces, avec des doubles pages aux compos intelligentes et immersives, un sacré dynamisme dans les scènes d'actions et un fort sens du chara design, sans oublier une colorisation très réussie qui plonge le titre dans une atmosphère unique à base de rouge, de turquoise/vert et de jaune. Le style me fait penser à un mélange entre du J.H. Williams III, du Jerome Opena et  du Phil Noto, le tout baigné dans une ambiance colorée unique. Vraiment un très bon boulot de ce côté là (même si c'est plus sage et moins audacieux que du Sienkiewicz, tout de même).

Côté scénar', si le titre commence par nous rappeler les liens avec l'univers de Daredevil de l'héroïne, Blackman semble vouloir l'éloigner un peu de tout ça et nous dépayser au passage. Je ne suis pas contre, tout dépendra de la qualité de l'intrigue à venir, qui n'a pas réellement commencée ici, ce numéro servant de présentation d'Elektra et de la mission qu'elle va devoir accomplir. On sent que le scénariste veut mettre en place un nouvel univers autour du personnage, notamment au niveau du supporting cast. Ce n'est pas une mauvaise idée, surtout que les nouveaux personnages sont très réussis visuellement. Je suis un peu triste de ne pas trop revoir la Main et tout ça, mais on ne peut pas toujours patauger dans les mêmes intrigues tout le temps, et ce n'est encore que le début.

En tout cas, c'est sympa, c'est beau, c'est Elektra, on ira voir le numéro 2 assurément, en espérant que la bonne surprise continue pour ce titre qu'à la base personne n'attendait. 

Ma note : 8

[Rétro] [Marvel] Elektra Assassin

Elektra Assassin
Publié en France chez Delcourt
Série originale sortie entre 1986 et 1987
Scénario de Frank Miller
Dessins de Bill Sienkiewicz


J'avais déjà adoré la collaboration de Sienkiewicz et Miller sur Daredevil Love & War qui est un pur chef-d’œuvre, donc c'est avec une assez grande joie que je me suis jeté sur cet album étrangement jamais réédité par Panini (les noms sur la couverture ne sont pas vendeurs ? Les gens sont si hermétiques que ça au génie graphique de Sienkiewicz ?).

Alors attention : cet album n'est pas aussi accessible que Daredevil Love & War et le premier chapitre est assez hardcore. Si vous aimez les comics de super héros mainstream, aux graphismes classiques, racontés de manière classique, avec une narration classique et où l'on comprend tout tout de suite, ce n'est pas la peine de tenter cette lecture. Si déjà vous êtes un peu plus curieux et que vous prenez la peine de vous accrocher pour passer le premier chapitre passablement alambiqué et incompréhensible, vous entrez dans une très bonne histoire.

Ce n'est peut être pas aussi grand que Daredevil : Born Again ou The Dark Knight Returns, mais ça reste quand même du bon gros comics qui fait plaisir à lire. L'histoire est un délire total à la Miller, ça part dans tous les sens, c'est assez crétin et bourrin, mais il y a de vrais trouvailles, des personnages ultra charismatiques, une pelletée de grands moments et une histoire entraînante.

Après une revue de l'enfance tortueuse d'Elektra, on la suit durant tout l'album dans son combat en tant que Ninja face à la Bête et à sa Main, le groupe de ninjas belliqueux de l'univers Marvel. La Bête est une entité mystique qui veut la destruction du monde et qui prépare son plan en secret et Elektra tentera tout pour l'arrêté, et elle est bien aidée dans sa tâche par ses compétences ninjas, comme le maniement du sabre japonais, mais surtout ses capacités de télépathe et sa capacité à pouvoir changer de corps quand la force des choses l'exige. Oui, je ne le savais pas, mais Elektra n'est pas qu'une humaine surentraînée, elle a des putains de pouvoirs Ninja.

Sa quête va être assez ardue à accomplir, connaître moults rebondissements, et surtout croiser la route d'un personnage génial, l'agent du S.H.I.E.L.D. Garrett, un agent un peu pourri devenu une sorte de cyborge, qui essaye à la base d'arrêter notre héroïne de ninja mais qui va se retrouver lié à Elektra dans son esprit et les deux compères vont alors former un duo du tonnerre. On sera pendant toute une partie du récit dans l'esprit de Garrett et c'est assez jouissif car le type réfléchit comme un mec lambda un peu looser et il va se retrouver dans des situations pas possibles, parfois intenses et souvent très drôles. Il est vraiment très attachant et on l'accompagne volontiers dans l'aventure.

Mais les autres personnages ne sont pas en reste, que ce soit ce candidat à la présidentielle avec une tête qui sourie de face photocopiée d'une case à l'autre, quoi qu'il fasse, ou l'agent du S.H.I.E.L.D. Chastity avec sa boucle d'oreille en croix géante et son refus de tout juron dans son unité, ou ses étranges nains bleus au service du S.H.I.E.L.D. Il y a en fait une sacrée galerie de personnage créés spécialement pour cette série et ils sont vraiment truculents et on se demande en permanence comment ça se fait qu'ils ne se sont pas imposer dans l'univers Marvel après ça ?

Graphiquement, Sienkiewicz se lâche complètement. Ses planches sont complètement folles, avec des changements de techniques graphiques à la volée, des personnages qui se déforment et qui sont ultra expressifs, des grosses cases qui envoient du lourd, des designs de protagonistes ultra réussis et une maîtrise de sa peinture, de ses crayons de couleurs et de ses autres outils de dessins (des collages même parfois) assez folle. Les couleurs sont splendides, ce qui fait toujours plaisir sur un vieux comics, et au final c'est vraiment un album visuellement marquant. Personnellement j'adore vraiment le style de Sienkiewicz, ce mec est un tueur !


Miller, à la narration, est toujours un cador. Il use et abuse des narratifs internes pour nous faire vivre dans les personnages, rend à merveille la confusion de leur pensée, intègre de manière toujours aussi organique les médias dans son histoire (un peu comme dans TDKR, en moins poussé) et nous balance pleins de rapports du S.H.I.E.L.D. qui sont intelligemment mis en scène pour ne jamais être indigestes (surtout qu'ils sont biens écrits, en fait). Si le début de l'histoire est confus, ça se rattrape largement après avec quelque chose de beaucoup plus fluide et appréhendable rapidement. On reconstruit le puzzle de l'intrigue au fur et à mesure avant d'être littéralement transporté dans un déluge d'action vers la fin. Miller sait en plus faire de jolis rebondissements de situations qui maintiennent le lecteur en haleine jusqu'à la fin, assez rentre dedans et provoc' à la Wanted ou Punk Rock Jesus. D'ailleurs niveau provoc', à noter que ce comic book est plus adulte que la moyenne avec, notamment, des insultes non censurées (ça fait du bien !) et pas mal d'allusions sexuelles. On sent vraiment que les auteurs se sont tout permis.

Franchement, Elektra (ou Elektra Assassin en VO) est un très bon album. Pas besoin de connaître Elektra avant (je ne la connaissais pas vraiment pour ma part), tout ce qu'il y a a comprendre est expliqué dans l'album. C'est une excellente histoire, qui mêle ninja, mysticisme, complot, action et espionnage avec brio pour un récit qui est autant celui d'Elektra que celui du S.H.I.E.L.D (pour ceux qui veulent des lectures sur l'agence gouvernementale de Marvel... Tournez vous vers ce titre !). En outre, c'est graphiquement très original et plutôt brillant à ce niveau là. Bref, une sacrée découverte et un immanquable Marvel, à mon sens.

Ma note : 9