dimanche 27 avril 2014

[Rétro] [Marvel] Elektra Assassin

Elektra Assassin
Publié en France chez Delcourt
Série originale sortie entre 1986 et 1987
Scénario de Frank Miller
Dessins de Bill Sienkiewicz


J'avais déjà adoré la collaboration de Sienkiewicz et Miller sur Daredevil Love & War qui est un pur chef-d’œuvre, donc c'est avec une assez grande joie que je me suis jeté sur cet album étrangement jamais réédité par Panini (les noms sur la couverture ne sont pas vendeurs ? Les gens sont si hermétiques que ça au génie graphique de Sienkiewicz ?).

Alors attention : cet album n'est pas aussi accessible que Daredevil Love & War et le premier chapitre est assez hardcore. Si vous aimez les comics de super héros mainstream, aux graphismes classiques, racontés de manière classique, avec une narration classique et où l'on comprend tout tout de suite, ce n'est pas la peine de tenter cette lecture. Si déjà vous êtes un peu plus curieux et que vous prenez la peine de vous accrocher pour passer le premier chapitre passablement alambiqué et incompréhensible, vous entrez dans une très bonne histoire.

Ce n'est peut être pas aussi grand que Daredevil : Born Again ou The Dark Knight Returns, mais ça reste quand même du bon gros comics qui fait plaisir à lire. L'histoire est un délire total à la Miller, ça part dans tous les sens, c'est assez crétin et bourrin, mais il y a de vrais trouvailles, des personnages ultra charismatiques, une pelletée de grands moments et une histoire entraînante.

Après une revue de l'enfance tortueuse d'Elektra, on la suit durant tout l'album dans son combat en tant que Ninja face à la Bête et à sa Main, le groupe de ninjas belliqueux de l'univers Marvel. La Bête est une entité mystique qui veut la destruction du monde et qui prépare son plan en secret et Elektra tentera tout pour l'arrêté, et elle est bien aidée dans sa tâche par ses compétences ninjas, comme le maniement du sabre japonais, mais surtout ses capacités de télépathe et sa capacité à pouvoir changer de corps quand la force des choses l'exige. Oui, je ne le savais pas, mais Elektra n'est pas qu'une humaine surentraînée, elle a des putains de pouvoirs Ninja.

Sa quête va être assez ardue à accomplir, connaître moults rebondissements, et surtout croiser la route d'un personnage génial, l'agent du S.H.I.E.L.D. Garrett, un agent un peu pourri devenu une sorte de cyborge, qui essaye à la base d'arrêter notre héroïne de ninja mais qui va se retrouver lié à Elektra dans son esprit et les deux compères vont alors former un duo du tonnerre. On sera pendant toute une partie du récit dans l'esprit de Garrett et c'est assez jouissif car le type réfléchit comme un mec lambda un peu looser et il va se retrouver dans des situations pas possibles, parfois intenses et souvent très drôles. Il est vraiment très attachant et on l'accompagne volontiers dans l'aventure.

Mais les autres personnages ne sont pas en reste, que ce soit ce candidat à la présidentielle avec une tête qui sourie de face photocopiée d'une case à l'autre, quoi qu'il fasse, ou l'agent du S.H.I.E.L.D. Chastity avec sa boucle d'oreille en croix géante et son refus de tout juron dans son unité, ou ses étranges nains bleus au service du S.H.I.E.L.D. Il y a en fait une sacrée galerie de personnage créés spécialement pour cette série et ils sont vraiment truculents et on se demande en permanence comment ça se fait qu'ils ne se sont pas imposer dans l'univers Marvel après ça ?

Graphiquement, Sienkiewicz se lâche complètement. Ses planches sont complètement folles, avec des changements de techniques graphiques à la volée, des personnages qui se déforment et qui sont ultra expressifs, des grosses cases qui envoient du lourd, des designs de protagonistes ultra réussis et une maîtrise de sa peinture, de ses crayons de couleurs et de ses autres outils de dessins (des collages même parfois) assez folle. Les couleurs sont splendides, ce qui fait toujours plaisir sur un vieux comics, et au final c'est vraiment un album visuellement marquant. Personnellement j'adore vraiment le style de Sienkiewicz, ce mec est un tueur !


Miller, à la narration, est toujours un cador. Il use et abuse des narratifs internes pour nous faire vivre dans les personnages, rend à merveille la confusion de leur pensée, intègre de manière toujours aussi organique les médias dans son histoire (un peu comme dans TDKR, en moins poussé) et nous balance pleins de rapports du S.H.I.E.L.D. qui sont intelligemment mis en scène pour ne jamais être indigestes (surtout qu'ils sont biens écrits, en fait). Si le début de l'histoire est confus, ça se rattrape largement après avec quelque chose de beaucoup plus fluide et appréhendable rapidement. On reconstruit le puzzle de l'intrigue au fur et à mesure avant d'être littéralement transporté dans un déluge d'action vers la fin. Miller sait en plus faire de jolis rebondissements de situations qui maintiennent le lecteur en haleine jusqu'à la fin, assez rentre dedans et provoc' à la Wanted ou Punk Rock Jesus. D'ailleurs niveau provoc', à noter que ce comic book est plus adulte que la moyenne avec, notamment, des insultes non censurées (ça fait du bien !) et pas mal d'allusions sexuelles. On sent vraiment que les auteurs se sont tout permis.

Franchement, Elektra (ou Elektra Assassin en VO) est un très bon album. Pas besoin de connaître Elektra avant (je ne la connaissais pas vraiment pour ma part), tout ce qu'il y a a comprendre est expliqué dans l'album. C'est une excellente histoire, qui mêle ninja, mysticisme, complot, action et espionnage avec brio pour un récit qui est autant celui d'Elektra que celui du S.H.I.E.L.D (pour ceux qui veulent des lectures sur l'agence gouvernementale de Marvel... Tournez vous vers ce titre !). En outre, c'est graphiquement très original et plutôt brillant à ce niveau là. Bref, une sacrée découverte et un immanquable Marvel, à mon sens.

Ma note : 9


samedi 26 avril 2014

[All-New Marvel Now] Ms. Marvel #2

Ms. Marvel #2
Paru en Mars 2014
Scénario de G. Willow Wilson
Dessins d'Adrian Alphona
Couleurs de Ian Herring

Alors que certaines séries carburent à deux numéros par mois, il aura fallu attendre un mois complet pour enfin poser ses mains sur Ms.Marvel #2. Bilan de la lecture : c'est toujours très sympa, la lecture est hyper fluide (je suis arrivé à la fin du numéro sans m'en rendre compte) mais par contre, revers de la médaille, la série s'annonce pas mal décompressée. Il ne se passe pas une foule de chose dans ce numéro et à mon avis, tout le premier arc sera consacré à la mise en place de l'héroïne. Et oui, on est plus à l'époque de Spider-Man où en deux numéros (Amazing Fantasy #15 et Spider-Man #1) le héros était lancé.

Après, ce n'est pas non plus un mal, ce rythme "ralenti" permet d'encrer notre héroïne dans la réalité. C'est une adolescente normale et, forcément, avoir soudainement des pouvoirs non définis est une situation assez bizarre. Surtout que notre jeune héroïne sort d'une espèce de coma à cause de la brume terratogène du précédent numéro, et cette situation est elle-même issue d'une fugue pour aller dans une soirée qui s'est mal passée. Autant vous dire qu'avoir des pouvoirs dans une situation comme celle-ci n'est pas forcément des plus évident à gérer. Du coup c'est assez intéressant de voir ce que fait Kamala de ses pouvoirs, qui ont d'ailleurs un gros potentiel pour l'avenir.

Du côté des bons points, on peut citer des relations entre Kamala et sa famille toujours très réussies, très crédibles et là aussi, encrées dans une certaine réalité. Ça pourra paraître un brin classique pour certains, mais le titre vise aussi l'identification rapide au personnage principal, et l'utilisation de ces archétypes le permet efficacement. J'ai aussi apprécié les petits tacles sur les costumes de super héros tout au long du numéros qui sont assez drôles et bien trouvés (en plus d'être bienvenues dans un titre Marvel) et bien entendu le dessin et la colorisation qui sont toujours aussi vivants et réussis. C'est vraiment très agréables à regarder, surtout que les personnages sont biens caractérisés visuellement (et le père de Kamala a une tête géante !).

Bref, un second numéro bien réussi, bien qu'un peu moins rempli qu'escompté. Une lecture qui sera donc sûrement plus agréable en TPB, surtout sur le long terme. Pour le moment le titre reste en tout cas très bien réalisé, et fait souffler un bon vent de renouveau sur les titres Marvel (même si on a pas mal de titres inventifs et frais en ce moment, mais là on a le mérite d'avoir du sang neuf), en espérant que ça devienne un nouveau hit Marvel (même si les ventes du #1 ne sont pas non plus si hautes que ça...)... Peut être la Spider-Man des années 2010 ?

Ma note : 8


[All-New Marvel Now] Wolverine #2

Wolverine #2
Paru en Février 2014
Scénario de Paul Cornell
Dessins de Ryan Stegman
Couleurs de David Curiel


Suite de Wolverine dans un second numéro qui revient sur les raisons du changement de vie de Logan. C'est malheureusement un peu trop décompressé, un peu trop tourné écriture TPB. L'intrigue avec le Superior Spider-Man, dans une écriture pensée pour les singles, aurait dû être bouclé en un numéro, là où, ici, elle va s'éterniser sur au moins deux. Avec en plus le pire cliff du monde puisqu'en fin de numéro Wolvie craint pour sa vie... Dans le passé ? Et Wolvie n'est pas mort dans le présent, donc bonjour le suspense.

Bref, Wolverine est en grosse déprime avec la perte de son pouvoir guérisseur et le simple fait de désormais risquer sa vie au combat le rend désormais complètement nul, il n'est plus que l'ombre de lui même. Et alors qu'il va voir Spidey pour avoir des infos sur Dent de sabre, il se rend compte qu'il doit changer de vie. A mon avis, Wolvie doit surtout retrouver ses pouvoirs guérisseurs pour sortir de cette espèce de dépression. Son changement de vie, de copine, son reniement de ses principes et l'air en permanence mélancolique de Logan montrent bien qu'il ne va très bien en ce moment et qu'il va falloir qu'il se ressaisisse.

Une vision du héros nouvelle, mais qui pourra vite être chiante. Et ce serait pas mal qu'une menace vienne s'installer plutôt qu'un truc mou du genou en 6 numéros pour expliquer pourquoi Wolvie à rejoint the Offer. Je ne suis pour le moment pas hyper convaincu par la série, même si elle n'est pas si désagréable que ça et Ryan Stegman se débrouille mais ne fait pas un boulot très beau.

Ma note : 6


vendredi 25 avril 2014

[Boom! Studios] Translucid #1

Translucid #1
Paru en Avril 2014 chez Boom! Studios
Scénario de Claudio Sanchez et Chondra Echert
Dessins de Daniel Bayliss
Couleurs de Adam Metcalfe

Comme pour Shutter, c'est l'écoute d'un podcast de Comixity qui m'a donné envie de tester cette série indé qui s'offre un premier numéro prometteur.

Le principe est simple, vous prenez Batman et le Joker, vous les renommez the Navigator (un type en costume paramilitaire avec cape et masque) et the Horse (un type en costard avec une tête de cheval sur la gueule), vous jouez avec le principe d'inter-dépendance des deux personnages et les plans tordus que peut avoir le vilain, vous mettez ça à New-York et... Vous liez ça a un gamin.

C'est là que la série risque de tirer toute son originalité. Pour l'instant c'est encore très mystérieux, mais toute l'histoire semble être imaginée par un gamin et n'exister que dans son esprit. les éléments qui composent le récit semblent d'ailleurs pouvoir être influencés par ce que l'enfant vit. Pour l'instant les liens entre les deux univers sont encore peu nombreux, mais ça devrait sûrement s'accentuer dans les numéros à venir. Toujours est-il que ce point est très intriguant.

L'intrigue super héroïque en elle même n'est pas hyper originale mais fonctionne comme un duel classique Batman-Joker, avec un poil plus de liberté dans ce que peuvent se dire les personnages (dans la continuité classique, Batman ne dira sûrement pas que le Joker est ce qui se rapproche le plus d'un ami pour lui). Après, ils sont un peu moins charismatiques que leurs originaux (même si the Horse à quand même la classe, surtout dans certaines cases), mais restent sympathiques à suivre. 

L'un des points forts du récits c'est sa partie graphique. Les dessins de Daniel Bayliss sont très efficaces, même si parfois maladroits par endroit, mais à d'autres ce sont de vrais réussites (la double page vers la fin par exemple). Toutefois, le plus réussi est certainement la colorisation. Adam Metcalfe fait vraiment un super boulot avec un choix de teintes hyper osé, trois couleurs assez saturés, un bleu foncé, un vert, et un magenta/violet qui s'entrecroisent dans des planches aux ambiances uniques et hallucinées. Inutile de dire que le récit se trouve ainsi une vraie identité graphique, c'est vraiment très très chouette. Bien entendu, les scènes avec le gamin, dans une réalité plus proche de la nôtre, disposent, elles, de couleurs plus ternes et classiques. 

En bref, un bon numéro d'intro, qui arrive à intéresser par des éléments mystérieux qui ont du potentiel, et par une colorisation audacieuse et réussie. A voir la suite ! 

Ma note : 7 

[All-New Marvel Now] The Punisher #3

The Punisher #3
Paru en Mars 2014
Scénario de Nathan Edmondson
Dessins et Couleurs de Mitch Gerads


3e numéro, déjà, pour le Punisher d'Edmondson et Gerads. Et encore une fois, c'est un numéro réussi. On retrouve ce Punisher faillible et loin d'être invincible et le scénariste continue de faire un travail admirable pour l'humaniser malgré ses méthodes extrêmes. Ok, il tue les criminels sans sourciller, mais Edmonson rappelle sa cause, et surtout rappelle à quel point le personnage peut être vulnérable en temps que simple humain face à des supers vilains. On sent que le Punisher va devoir la jouer tactique pour s'en sortir sans dommages et ça c'est appréciable. En plus, en lui mettant un supporting cast, on sait que tôt ou tard, ça fragilisera le personnage encore plus, mais le Punisher influence aussi les autres, et ce de manière intéressante.

Ce qui est dommage, par contre, c'est que la baston sur l'autoroute face à Electro s'arrête de manière brutale sans vraie conclusion pour être repoussée à plus tard. La gestion de ce combat est un peu maladroite et j'espère que leur second affrontement sera décisif cette fois (même si il va falloir trouver une pirouette pour qu'Electro ne meure pas vu que le personnage intervient bientôt dans Amazing Spider-Man de Dan Slott). Par contre, ça montre qu'Electro, longtemps considéré comme un vilain ringard de seconde zone, peut être un antagoniste de choix et avoir un vrai intérêt. Sa puissance électrique le rend vraiment puissant et le Punisher risque d'avoir du mal à en découdre.

Au niveau graphique, c'est toujours nickel, et j'aime beaucoup l'uniforme du Punisher sur le terrain, vraiment bien pensé. Autant je n'étais pas trop convaincu par la série au numéro 1, autant maintenant je suis conquis... Vite, la suite !

Ma note : 8

[Comics] Scrublands

Scrublands
De Joe Daly (Afrique du Sud)
Edité en VF chez l'Association


Joe Daly est un doux dingue. On avait déjà un aperçu de son esprit loufoque dans l'excellent Dungeon Quest (à lire pour ceux qui aiment l'humour crétin et décalé) et on en voit encore plus dans ce recueil de récits courts et complètement tarés. 

L'occasion d'observer comment Joe Daly sait magnifiquement mélanger situation quotidienne et dialogues criants de vérités de jeunes anglophones avec des trucs complètements absurdes. Joe Daly aime le décalage et ces récits sont assez imprévisibles. Citons ce mur qui accouche d'un enfant, Kobosh qui ne fait que parler de son village à la plage, Aqua Boy qui découvre qu'il devient un adulte avec ses poils pubiens qui poussent et qui lui permettent en fait de respirer sous l'eau, et tant d'autres absurdités que je ne veux pas vous révéler ici.

L'album est vraiment très drôle. Les situations sont biens trouvés, rappelant parfois le quotidien ou se barrant dans quelque chose d'assez débile, les dialogues sont ciselés et sont vraiment merveilleux. Ce sont de vrais perles d'humour qui mettent en valeur les personnages qui les disent, tous plus charismatiques les uns que les autres (surtout Kobosh).

Le gros de l'album est toutefois une étrange histoire muette assez abstraite, "Prebaby", qui montre que Daly est toujours là où on ne l'attend pas. Mais bon, je n'y ai pas compris grand chose donc je ne m'attarderais pas dessus.

Donc voilà, un album très drôle et délirant qui plaira aux fans de Joe Daly et qui permettra peut être à d'autres de le découvrir. Le fait que ce ne soit qu'une compilation de récits courts quasiment indépendants les uns des autres (seuls des personnages reviennent d'un récit à un autre) ne plaira peut être pas à tout le monde, mais ceux que ce style d'album ne dérangent pas et qui aiment bien l'humour décalé devraient être ravis.

Ma note : 8


jeudi 24 avril 2014

[New 52] Justice League United #0

Justice League United #0 
Paru en Avril 2014.
Scénario de Jeff Lemire
Dessins de Mike McKone
Couleurs de Marcelo Maiolo 


Je continue de me diversifier niveau lecture de singles en commençant cette nouvelle série DC, Justice League United, écrite par Jeff Lemire et illustrée par Mike McKone.

Autant le dire d'emblée, je ne suis pas très au fait de l'actualité des ligues de Justice. Je n'ai pas lu Throne of Atlantis, Trinity War ou Forever Evil. Mon contact le plus récent avec la ligue doit être les 3 premiers numéros de Justice League of America que j'avais testé l'année dernière. Mais bon, il n'y a pas vraiment besoin d'être au courant des derniers événements pour lire cette série, ce qui est plutôt cool.

Le plot de base de la série est assez étrange. Animal Man et Stargirl sont en dédicace à Toronto (déjà, ce n'est pas un début classique) quand soudainement un archéologue du nom d'Adam Strange vient les voir pour leur dire qu'il a un problème, son assistante et amie a été enlevée par des extra-terrestre. A la suite de quoi il leur montre un crâne alien qu'il a trouvé sur les lieux et il n'en faut pas plus pour nos deux héros pour partir à l'aventure dans la neige canadienne.


Donc oui, le pitch est assez étrange, mais on se laisse emporté sans trop savoir où l'on va. La série est pour l'instant un étonnant mélange de Canada, d'intrigues cosmiques et de relations entre super héros et ça marche plutôt bien. Il faut dire que tous les membres de l'équipe sont sympathiques. Animal Man est vite attachant, et son conflit avec Green Arrow est vraiment marrant, Martian Manhunter est toujours aussi classe, et je ne connais pas encore Stargirl mais elle semble elle aussi fort sympathique.


On voit aussi au cours du numéros les débuts de la nouvelle héroïne canadienne. Pour l'instant son intrigue est encore hyper mystérieuse et déconnectée du reste, mais nul doute que les liens se feront dans les numéros suivants.

Que penser de ce numéro ? Il n'est pas désagréable. Ce n'est pas un bon gros coup de coeur, mais il faut avouer qu'il est plutôt sympathique, en grande partie grâce à ses héros très biens écrits et aux bons dialogues, bien ciselés et avec pas mal d'humour. Je suis moins convaincu par l'intrigue de fond, pour le moment un peu bordélique. Les dessins de McKone font quant à eux le job et sont plutôt sympas. Ils ont surtout le mérite de changer du "style DC" à la Finch/Fabok/Lee pour offrir quelque chose d'un peu plus lâché et lumineux. La colo a d'étonnants partis pris, mais s'avère elle aussi efficace.

Un bon numéro zéro (même si j'avoue ne pas comprendre pourquoi ce n'est pas un#1 ?), j'irais assurément voir la suite.

Ma note : 7



[New 52] Wonder Woman T.3 : De Sang et de Fer

Wonder Woman T.3 : De Sang et de Fer
Edité en France par Urban Comics, 15 €
Paru en Janvier 2014
Scénario de Brian Azzarello
Dessins de Cliff Chiang, Tony Akins, Goran Sudzuka et Amilcar Pinna


C'est toujours un grand plaisir de retrouver tous les ans les nouvelles aventures de Wonder Woman par Azzarello et Chiang en TPB. Ce qui est bien c'est qu'au lieu de faire une succession d'arcs plutôt indépendants les uns des autres, Azzarello nous offre vraiment une longue épopée qui suit la même intrigue depuis le début de la série. On poursuit cette longue histoire autour du bébé de Zola, le dernier bâtard de Zeus, qui est le centre de bien des enjeux et de tout un jeu de pouvoir et d'influences au sein du panthéon des Dieux où tous les membres de la famille, dont fait partie Wonder Woman désormais, semblent s'aimer et se détester à la fois.


Ce tome fait donc suite à la prise de pouvoir d'Apollon en Olympe et à la trahison d'Hermès qui avait volé le bébé de Zola. Wonder Woman doit donc retrouvé la trace du nouveau né. On retrouve donc toujours la petite famille de Zeus toujours aussi importante, à laquelle vient se joindre dans ce tome le New God Orion.

Si j'étais content de le voir débarquer dans la série, en fan des univers de Kirby que je suis, il n'est pas le personnage le plus utile de la série. J'ai du mal à voir le lien entre sa quête dans la série et les trucs que font d'habitude les New Gods avec l'Antie-Vie et tout ça. Mais bon, ça permet de voir des Tunnels Boom, ce qui est toujours chouette... Son nouveau design est assez étrange, et il manque peut être un peu de charisme avec son blouson de moto et sa tête de playboy mêché dès qu'il enlève son casque. Il en reste un personnage intéressant de par le fait qu'il vienne d'un autre panthéon, mais aussi par son caractère, où son flirt avec Wonder Woman et son côté macho sont assez rigolos.

L'autre personnage mis en valeur dans ce volume, c'est Arès, le dieu de la guerre, avec sa tronche qui me fait terriblement penser au look du scénariste lui même, Azzarello, et je ne pense pas que ce soit un hasard (blague de Chiang ou volonté du scénariste ? Ça je ne sais pas...). Toujours est il que le personnage est très intéressant, surtout par son côté très fourbre, tout en niveau de gris. Ce n'est pas le dieu de la guerre brutal qu'on peut avoir l'habitude de voir, ici il est bien plus tacticien, en permanence dans le gris et on ne sait jamais quelles sont vraiment ses intentions, de quel côté il est et qu'est-ce qu'il va faire. Vraiment un personnage passionnant. On découvre aussi son passé dans le Wonder Woman #0, qui présente l'adolescence de l'héroïne. En plus d'offrir un flash-back très instructif sur la relation des deux personnages par le passé, le numéro est surtout fun par l'hommage que rend Azzarello aux comics Golden Age. Ce n'est pas complètement old school dans l'écriture, mais on a tout de même le droit à des blocs de narration, des dialogues un peu plus explicatifs que d'habitude et surtout à des bulles de pensées. C'est vraiment un clin d'oeil à une autre époque, aux origines de l'héroïne, qui fait plaisir à voir et qui est très plaisant à lire.

Le dernier personnage en focus dans ce tome est assez mystérieux et pour l'instant plutôt déconnecté du reste des personnages. Il s'agit du Premier Né, le premier fils (ou bâtard ? Je ne sais pas trop) de Zeus. Il est très impressionnant et très en colère et nul doute qu'on devrait réentendre parler de lui dans la suite de la série...

Au final, ce tome est toujours aussi sympa à lire que les autres. Les personnages sont toujours aussi travaillés et intéressants, et on prend plaisir à les suivre. Les premiers épisodes sont plutôt calme avant une montée en puissance plutôt réjouissante en cours de volume qui donne lieu à un final orienté action très sympathique. J'aime bien la caractérisation de Wonder Woman, qui est un juste milieu entre la guerrière farouche et la femme pleine de bonté et soucieuse des autres. Azzarello a beau avoir changé le personnage et son univers dans sa série, je trouve qu'on en garde tout de même son essence.

Côté dessins, on se régale quand c'est Cliff Chiang, mais il n'est pas là souvent durant ce tome, ce qui est assez dommage. Quand c'est les autres, ça passe, mais on a parfois des visages étranges sur Wonder Woman (c'est quoi ce menton de 3 km ?) et c'est globalement un peu plus maladroit. Ça reste quand même d'un niveau tout à fait correcte et très agréable à lire. Mais je pense que c'est plutôt une bonne chose d'avoir Chiang de temps à autres pour réhausser le niveau graphique de la série qui serait assez moyen sans ça.

En conclusion, la série Wonder Woman par Azzarello, Chiang et d'autres dessinateurs comme Tony Akins, Goran Sudzuka et Amilcar Pinna, est toujours aussi cool à suivre. Un bon mélange entre action, mythologie et un jeu de pouvoir et de relations entre les personnages, tous plus charismatiques et bizarres les uns que les autres. L'écriture du titre conserve son ton si particulier, avec des dialogues ciselés pleins de jeux de mots et de phrases qui se terminent dans les scènes suivante. Si vous avez aimez les deux précédents tomes, pas de raisons que celui ci ne vous plaise pas.

Par contre, je me demande si la série ne serait pas plus sympa à suivre en mensuel ou avec une publication plus rapide des tomes, puisqu'on à tendance à avoir oublié des points de l'intrigue quand un nouveau tome sort, surtout que l'histoire développée dans le titre est très dense.

Ma note : 8

[All-New Marvel Now] Fantastic Four #3

Fantastic Four #3
Paru en Avril 2014
Scénario de James Robinson
Dessins de Leonard Kirk
Couleurs de Jesus Aburtov


Les Fantastic Four de Robinson doivent vraiment être la série que j'attends avec le plus d'impatience en ce moment. Il écrit vraiment les FF comme j'ai envie de les lire et comme étant la somme de plus de 50 ans de continuité et c'est vraiment bon. Ce numéro est une nouvelle fois une réussite. Au lieu d'avancer l'intrigue de manière linéaire, on a le droit, tout au long du numéro, a une succession de scénettes mettant en scène différents personnages ou groupes de personnages pour implanter pleins de pistes d'intrigues futures, mais aussi faire une peu de caractérisation, multiplier les références aux aventures passées et mettre en valeur l'immense richesse de l'univers du groupe, tout en restant accessible aux lecteurs.

La bataille face aux espèces de démons venus du Baxter Building et qui avaient attaqués New-York est finie, mais Johnny a perdu ses pouvoirs dans la bataille. Et les 4F pourront ils rester les 4F avec un membre sans pouvoirs ? Sans doute, il y a déjà eu moult remplaçants dans l'équipe par le passé. Mais on ne peut s'empêcher de penser que cet événement est sans doute l'amorce de la chute de la famille. Toujours est-il que Johnny essaye de faire face avec sa coolitude habituelle mais se retrouve tout de même bien déprimé. Il est franchement bien écrit par Robinson qui touche juste et qui le rend très attachant dans cet épisode. Sa relation avec les autres est en plus très bien rendu.

Mais ce qui est cool dans ce numéro c'est qu'on ne s'intéresse pas qu'à ça, on parle aussi de la question, souvent éludée dans les comics, de la réparation de la ville, des dommages humains. On parle aussi de la Future Fondation, notamment du sort de Valeria, prometteur, et Robinson installe des menaces pour la suite de la série qui ne s'annonce pas de tout repos pour nos héros. L'une des menaces à venir m'a fait vraiment plaisir car je crois que je n'avais pas vu le personnage une seule fois dans un comics moderne alors qu'il est vraiment cool.

Je ne vais pas m'étaler plus longtemps sur le scénario, c'est franchement du tout bon. Pleins de pistes prometteuses, une caractérisation qui a tout compris de l'essence des personnages et un amour de la mythologie des Fantastic Four qui fait vraiment plaisir à voir. C'est franchement excellent.

Du côté de Leonard Kirk, je dois bien avouer qu'il n'y a rien a redire. Peut être certains décors à un moment, mais à part ça, c'est du tout bon. C'est détaillé, dynamique, les persos ont une bonne gueule, et les plans sont biens choisis. Jesus Aburtov y ajoute de très belles couleurs, très lumineuses, avec de belles ambiances et un jeu d'ombre très sympa lui aussi.

Bref, une série qui est un bel hommage à l'histoire de cette série crée par Jack Kirby et qui porte encore en elle aujourd'hui l'empreinte de son créateur hors norme. C'est ce respect envers tout l'historique des 4 Fantastiques qui rend la série de Robinson si appréciable, tout en proposant une intrigue franchement accrocheuse et prometteuse pour la suite qui n'oublie pas ses personnages. Et en plus, c'est très beau. A mon sens, mais je suis fan des 4F, c'est à lire absolument ! 

Ma note : 9


mercredi 23 avril 2014

[Event] Original Sin #0

Original Sin #0 
Paru en Avril 2014
Scénario par Mark Waid
Dessiné par Jim Cheung
Colorisé par Justin Ponsor

Deux semaines avant le début de l'event, le prologue arrive. Un numéro zéro écrit par Mark Waid et dessiné par Jim Cheung, centré sur Nova et sur Uatu the Watcher, qui va crever d'ici peu puisque la recherche de son meurtrier est le pitch de départ de l'event Original Sin.

Si vous ne connaissez pas Sam Alexander, le nouveau Nova, le numéro vous le présente. Il s'agit d'un personnage que Marvel essaye d'imposer depuis deux ans, et qui devait servir de fer de lance au renouveau cosmique de la maison des idées, avant que sa série ne subisse moult changements de scénaristes et une dégringolade dans les ventes. Mais Marvel continue de pousser son personnage et c'est donc lui qui est le personnage principal de cette intro d'event.

L'intérêt à cela est double : on découvre le perso qu'on ne connaissait pas avant, Waid nous rappelle ses origines, nous montre à quoi ressemble ses aventures dans une scène d'action au début du numéro, ce qui pourra donner envie à certains lecteurs d'aller voir sa série régulière. En outre, le perso étant assez nouveau dans l'univers Marvel, il n'en connaît pas encore tous les détails, il est donc parfait pour permettre aux lecteurs de découvrir qui est Uatu. Surtout que Sam Alexander vit des aventures plutôt cosmique, donc ça tombe bien.

On a donc un topo complet sur Uatu, on apprend quel est son rôle et surtout pourquoi il fait ça. L'occasion d'avoir un flash-back bouclé en 3 pages alors qu'il en aurait bien mérité le double, surtout que c'est là dedans que semble se cacher le pêché originel... Et là on a truc vite fait mal fait et pas hyper convaincant, ce qui est plutôt dommage. C'est d'ailleurs à mon sens le point faible du numéro, puisque c'était un point central du truc et Waid s'est loupé dessus.

A part ça, on a le droit a pas mal de mystères, plus ou moins gros, posés dans ce numéro et qui intriguent forcément pour la suite. C'est pas la folie, mais c'est quand même ça.

Niveau caractérisation, Sam est sympa au début, mais à tendance à avoir un côté gamin chiant bien trop prononcé (il a 12-13 ans ou quoi ?), qui empêche qu'on s'attache trop à lui. Uatu a quant à lui perdu un peu de sa noblesse et de sa grandiloquence habituelle pour être plus triste et déprimé que jamais sous les crayons de Cheung

Jim Cheung qui délivre d'ailleurs un très beau numéro. Il est comme à chaque fois un dessinateur exceptionnel et ça fait plaisir de le voir dans ce prologue d'event, surtout qu'il est très doué pour dessiner les adolescents. Justin Ponsor colorise en outre toujours aussi bien. Du très bon boulot de ce côté là.

En bref, un prologue sympa pour ceux qui veulent en apprendre plus sur Uatu avant de commencer l'event. Ça peut permettre aussi de voir ce que donnerait la série Nova scénarisé par Waid et dessiné par Cheung, ce qui aurait plutôt de la gueule. Maintenant reste à voir quelle résonance le contenu du numéro aura avec l'event et qu'elle sera la qualité de ce dernier. 

Ma note : 7